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Le plan Brexit est maintenu

October 2, 2018 | By | No Comments

Faisant suite aux spéculations de son propre parti conservateur, Theresa May le confirme : son plan sur le Brexit est maintenu, et la Grande Bretagne se retirera bien de l’Union Européenne le 29 mars prochain. Toutefois, le duel engagé avec l’Europe est loin d’être terminé et les négociations sont plus acharnées que jamais. Le mercredi 26 septembre, les ambassadeurs européens se sont réunis en Autriche, à Salzbourg, afin de mener de nouvelles tractations. Celles-ci doivent se dérouler et s’achever durant les sept prochaines semaines, la date butoire des négociations étant prévue pour la mi novembre. C’est juste assez pour la mise en place du plan final.

Brexit

Les prochaines échéances du Brexit

 

Les dirigeants européens sont particulièrement sensibles à ces discussions, ne voulant pas que l’Europe soit perçue comme le dindon de la farce. Ils craignent surtout que l’échec des pourparlers n’entraîne une perte de confiance entre l’UE et la Grande Bretagne. La non coopération entre les deux parties obligerait l’Union Européenne à prendre les choses en main et à appliquer des solutions drastiques, qui ne serait à l’avantage de personne.

 

Le Brexit vu de la Grande Bretagne

Ces dernières semaines, Theresa May a dit se sentir “irritée” par les spéculations qui circulent au sein de son parti.

Le dernier point de litige tourne autour de la frontière avec l’Irlande – c’est d’ailleurs le sujet principal qui a occupé les ambassadeurs européens lors de leur dernière réunion. Le souhait du gouvernement est d’éviter toute friction avec leur voisin irlandais et de maintenir la Grande Bretagne rigoureusement liées aux règles commerciales en cours avec l’Union Européenne. A l’opposée, les brexiteurs les plus convaincus réclament à la première ministre de revenir sur son plan présenté l’été dernier. Parmi les conservateurs eurosceptiques, un nouveau mouvement dit des “Chuck Checkers”, tente de fragiliser Theresa May, faisant circuler des rumeurs sur son éviction, Boris Johnson est tête de liste des opposants.

Beaucoup de bruit pour rien

Pourtant, à bien y regarder, toute cette agitation ne semble pas bien constructive. En effet, comme l’a fait remarquer Madame May, ce débat ne concerne pas “son avenir” mais bien celui du Royaume Uni et de son peuple. Et c’est ce qu’elle compte démontrer le 3 octobre prochain lors de son discours  à la conférence annuelle du Parti conservateur. Ces disputes internes et purement rhétoriques ne prennent pas en compte la date butoire du 29 mars. Si Boris Johnson s’affiche comme le candidat le plus populaire de son parti, non seulement il n’est pas certain d’obtenir le soutien nécessaire au Parlement, mais surtout, s’il échoue, et selon les règles internes des Tories, il devra attendre un an avant de pouvoir proposer un nouveau plan, ce qui n’est pas du tout envisageable dans le cas qui nous intéresse.

Theresa May

Première ministre britannique

Dans ce pénible duel, Theresa May sait qu’elle peut compter sur des soutiens stratégiques. Liam Fox, secrétaire du Commerce affirmait récemment que la première ministre “faisait du bon travail”, compte tenu des conditions difficiles d’une non majorité à la Chambre des Communes. Michael Gove, secrétaire à l’Environnement, soulignait quant à lui que le plan était “bon pour l’instant”, et qu’un futur premier ministre serait toujours à même de modifier les relations avec l’UE si cela s’avérait nécessaire.

 

Le Brexit vu par l’Union Européenne

 

Lors de la réunion des ambassadeurs européens, des mesures d’urgence ont commencé à être envisagées, dans le cas d’un non accord avec la Grande Bretagne. Les 27 gouvernements ont entamé des discussions à huis clos pour le cas où les négociations n’aboutissaient pas.

L’Union européenne met un point d’honneur à ce que les britanniques ne pensent pas qu’il puisse exister une quelconque alternative au marché lors de la mise en place du Brexit. C’est dans ce contexte que les négociations atteignent leur phase la plus importante, cruciale aux dires de certains. Les 7 semaines qui nous séparent de la décision finale représentent un véritable bras de fer, et tout le monde a conscience que la date du 3 octobre – date de la conférence du parti conservateur – aura un impact sur les tractations à venir.

Que s’est-il passé le 26 septembre ?

Lors de la réunion du 26 septembre, l’UE s’est concentrée sur les derniers acquis, en l’occurrence l’ensemble des traités , des législations et les décisions de justice inhérentes à son règlement interne. L’idée étant de définir les outils qui pourraient aider à limiter l’effet Brexit sur le reste de l’Europe. Il est important de mener un consensus et de minimiser au maximum les actions individuelles et non coordonnées.

Les ambassadeurs se sont mis d’accord sur la mi-novembre pour mener leur action concertée, sans toutefois fermer les négociations à une date précise : ils souhaitent laisser le plus de chances possibles aux pourparlers en cours. Néanmoins, l’UE est bien consciente qu’elle ne pourra pas ajourner sa date butoire de manière infinie ; les mesures d’urgence prennent du temps. De fait, les pays commencent d’ores et déjà à plancher sur leurs propositions relatives aux mesures d’urgence, dont certaines pourraient être ratifiées lors d’un prochain accord.

 

Au jour d’aujourd’hui

Le Brexit continue d’échauffer les esprits, et chaque jour qui passe est une preuve supplémentaire de la tâche herculéenne qui attend les différentes parties. Si les bonnes volontés s’attèlent à trouver un accord dans les délais, il est à parier que de nombreuses décisions seront prises à l’arrachée. Nous l’avons compris, la prochaine date importante du calendrier est celle du 3 octobre 2018. Dès lors, nous devrions avoir une idée plus précises des forces en place, tout du moins du côté des britanniques.

Quant à l’Europe, en prise avec ses propres malaises, la crise de l’immigration… sera-t-elle prête à apporter les solutions nécessaires dans le temps qui lui est imparti ?

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